Il est 13h50, y a des mômes qui posent devant la loco, mais ils s'apprêtent à embarquer parce qu’ils vont au lycée Lakanal de Treignac, comme le firent nos parents; y a cet éternel toutou qu'on surprend souvent devant l'objectif du photographe, la voie est un peu en friche, car les cantonniers ne sont pas encore sortis à l'apparition du printemps.
Un bras pend négligemment à la fenêtre d'une voiture ; pas de stress le train siffle, en voiture, nous ne sommes qu'à quelques encablures du terminus...
Le chauffeur, le mécanicien complices dans leur activité s'entraident dans les tâches de la Mallet. Une forte chaleur jaillit du foyer, accompagnée d'une lumière orangée vive lorsque sa porte est ouverte à l'enfournement du charbon.
Le chiffon sur le régulateur, traditionnel, le sifflet du départ retentit.
Y a un peu d'avance aujourd'hui, la halte de Merciel vide de passagers, mais l'heure.
C'est l'heure inhabituelle d'ailleurs qu'aucun gamin du collège n'ait pris le tacot à Merciel, ils auront pris la bicyclette pour profiter des premières douceurs du printemps naissant.
Les roues de la 403 mordent le métrique, au signal de la chef de gare, et leur staccato puissant au joint des rails s'accélère au rythme de la vitesse puis s'évanouit dans la courbe où l'on ne distingue plus le feu rouge dominant le tampon de guingois qu'un instant.
La gare se vide et l'on retourne à ses occupations, oubliant le tacot jusqu'à son prochain passage, le chien sera sur le quai, ami fidèle et assoupi.
Jean-Claude NICOT